Le Dieu et la Déesse 1

Publié le par Luna

La Part Féminine
J'ai sans aucun doute été attirée vers la religion wicca, car la Déesse a toujours exercée une grande fascination sur moi, même à mon insu.
J'ai été élevée dans une religion où l'on adorait un Père, un Fils et un St Esprit. La seule femme vénérée dans cette reigion est une mère et c'est la seule raison de cette vénération et c'est le seul rôle qu'on veuille bien lui accorder. Oui, mais quelle gloire me direz-vous, que celle d'enfanter, de porter en soi la vie. Et quand il s'agit d'une vie divine!!
Frigg Spinning  Charles Dollman

Mais avant d'être mère, elle a été une jeune fille inocente que ces rêves portent; cette enfant espiègle et maladroite qui s'achemine doucement vers l'âge adulte.
Où est l'amante, l'épouse aux bras charnels, à la cuisse ronde et aux hanches généreuses. Où donc est son parfum luxuriant de rose, et de jasmin, la lourdeur de son sein? Ses éclats de rire, de colère? Où est la vieille, la sage qui enseigne, qui veille et qui transmet? Où est son front ridé, sa chevelure de neige? Où sont ses yeux perçants qui reconnaissent tout?
En grandissant, je me suis vite sentie à l'étroit dans ce modèle unique. Je me suis accrochée avec plus d'un prêtre sur la prêtrise des femmes sans qu'aucun m'apporte de réponse qui ne relevait d'une misogynie  toute réactionnaire  et dont les relents de vieille habitude remisée ne m'ont jamais convancus.
Lentement, je me suis dévêtue des oripeaux dont ont m'avait affublé mais qui n'étaient manifestement pas à ma taille. Jamais je n'ai pu concilier ma croyance fondamentale dans liberté de choix, mon amour de l'indépendance et ma haine de toute domination avec mon appartenance avec l'Eglise Catholique.
Je me suis démenée dans ce vêtement trop court et mal coupé pour finalement renoncer à le porter.
Le premier glissement s'opéra au sein de ma première religion puisque très vite je me recueillais
plus volontiers devant les autels de la vierge .
                      Sharing the gift  Charles Frizell                           
Dans le même temps je me suis rapproché d'autres traditions, dont la Wicca: un groupe qui vénérait une Déesse!
Quelle joie de pouvoir dire Mère! Elle! Elle a fait pour nous des merveilles et Elle en fait chaque jour.  J'étais fasciné de découvrir "l'iconographie" wiccan : tous ces visages et ces corps féminins qui ne cherchaient pas à se dissimuler. Et si la figure de la mère est importante, les autres aspects sont bien présents eux-aussi: les visages enfantins de la Déesse au printemps, les visages parcheminés de la vieille femme de l'hiver emmitouflée dans ses grands manteaux gris, les aphrodites langoureuses, les Artémis et Mielikki sauvages, les Athéna et Ishtar guerrières,  les Persephones mélancoliques, Les Cérès et  Hécate mystérieuses et sulfureuses.
J'étais tellement subjuguée que les premières années je n'ai vénéré qu'elle. Je m'enivrais de la Déesse et de  cette nouvelle liberté d'être une autre femme qu'une vierge mère.
Et puis ma réflexion avançant, je me rendais compte quelque chose manquait. Mon expérience d'épouse et l'équilibre de mon couple  me ramenèrent lentement vers l'aspect masculin des choses, mais il avait changé.
Loin du patriarche barbu  et distant que j'avais quitté, je trouvai  Dionysos, Cernunnos, Adonis, Enkidou.
 

Publié dans Pratiques et principes

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